Lexique

Afghanistan

Pays ruiné et détruit par les conflits armés constants, coups d’État, guerres de factions et instabilité chronique, (1979 – Soviétiques, 1992 – guerre civile, 1996 – talibans, 2001 – coalition internationale…). Aujourd’hui le pays est toujours aussi instable, déchiré par les talibans, Daech, Al-Qaïda (entre autres) et leurs attentats terroristes. De nombreux Afghan·ne·s fuient leur pays, sous la pression des différents groupes armés.

Demandeur·se d’asile

Personne qui fuit son pays et cherche refuge et asile, devant très souvent faire face à un système bureaucratique délibérément absurde et injuste (en France par exemple).

Dublin III

Règlement créé par l’Union Européenne, pour empêcher les demandeur·se·s d’asile de choisir leur pays d’accueil en violation de la Charte des Droits Fondamentaux de l’UE.

Dubliné·e

Demandeur·se d’asile dont les empreintes ont été prises dans un pays européen, mais qui a néammoins essayé de demander l’asile dans un autre pays. Celui-ci, en vertu du règlement Dublin, veut le·a renvoyer dans le premier pays (d’où il·elle risque souvent de se faire renvoyer dans son propre pays (où il·elle risque la persécution, la prison ou la mort) ou d’être soumis·e à des conditions d’accueil déplorables, voir dangereuses, (Italie, Grèce) et où le droit d’asile n’est pas respecté (Hongrie, Bulgarie).

Érythrée

Pays gouverné par un régime dictatorial extrêment répressif. Censure, interdiction de certaines religions, Amnesty International, parle de 10 000 prisonniers politiques. RSF classe l’Érythrée en dernière position pour la liberté de la presse. En 2015, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme fait état de violations systématiques des droits humains les plus fondamentaux, commises par le pouvoir. Un grand nombre de témoignages relatent que le service militaire (qui concerne tous les hommes et femmes entre 17 et 40 ans et empêche la possibilité d’avoir un passeport) peut être prolongé indéfiniment, dans des conditions terribles (viols des femmes, travaux forcés), entraînant la désertion et l’exil d’un grand nombre d’Érythréen·ne·s.

EURODAC

Fichier européen dans lequel figure les empreintes des personnes arrivant en Europe. Celles-ci sont souvent prises de façon brutale. L’Europe demande des quotas aux pays frontaliers, autorisant (et recommandant) pour cela l’usage de la force.

Europe

Entité se targuant de protéger et accueillir les personnes menacées de persécutions, et qui expulse des étranger·e·s vers des pays avec lesquels elle passe des accords iniques, mettant en danger ces personnes.

France

Le droit d’asile et l’accès à un accueil digne et dans le respect des personnes et de leurs droits n’y sont pas garantis ou difficile d’accès. Le gouvernement renvoie des gens vers leur pays (directement ou via d’autres pays de l’UE), où ils·elles risquent de se faire emprisonner, torturer, persécuter, tuer.

Grèce

Pays frontalier de l’Europe, en crise, vers lequel les renvois Dublin avaient été interdit par l’Europe à cause des conditions d’accueil déplorables. Ces renvois ont recommencé en 2017.

Irak

Depuis 1979 l’Irak a connu trois guerres meurtrières (guerres du Golfe) et est en proie à l’instabilité et aux attentats terroristes répétés. Le gouvernement d’Irak est très fragile. Les violences sont quotidiennes. Depuis l’invasion américaine de 2003, l’Irak a été placé de facto sous tutelle de la coalition internationale, la laïcité a disparu et la politique a été dominée par les affrontements inter-communautaires, ponctués de nombreux attentats. En 2013 et 2014 des extrémistes djihadistes créent l’État Islamique à cheval sur l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak et persécutent les minorités chrétiennes et yézidis qui se réfugient au Kurdistan.

Iran

Après la révolution de 1979, Khomeini instaure une république islamique dans le pays. les lois iraniennes sont basées sur une interprétation particulière de la Charia. L’Iran est une dictature où la situation des droits de l’homme est jugée très préoccupante. Amnesty International le classe dans les deux pays avec le plus fort taux d’exécution et constate qu’il n’y existe pas de liberté d’expression. Selon les organismes internationaux de défense des droits de l’homme, la torture et le viol par les Gardiens de la Révolution islamique se produisent régulièrement. La politique est réservée aux factions islamistes, puisque tous les autres partis traditionnels sont interdits.

Lybie

Comme pour la Turquie ou le Pakistan, la Libye est considérée comme un État sûr par l’UE. Un accord récent a été passé avec ce pays, afin d’y renvoyer les personnes exilées, et d’empêcher les personnes qui y transitent d’atteindre l’Europe.

Migrant·e

Toute personne qui vit de façon temporaire ou permanente dans un pays dans lequel il·elle n’est pas né·e et qui a acquis d’importants liens sociaux avec ce pays. – définition UNESCO.

Réfugié·e

En France, après des mois de procédure un·e demandeur·se d’asile peut se voir accorder le statut de réfugié·e par l’OFPRA. En France ce statut équivaut à un titre de séjour valable 10 ans.

Soudan

Pays en proie à la corruption, aux conflits (sécession du Soudan du Sud, Darfour) et persécutions contre les minorités religieuses et ethniques. Omar-el-Bashir en était le président jusqu’à il y a quelques mois et depuis le coup d’État militaire de 1989. Il est poursuivi par la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. L’Union européenne a passé des accords avec lui afin qu’il contienne les personnes transitant via son pays vers la Libye puis l’UE. Accord qui bénéficié aux Janjawids, milice extrêmement dangereuse utilisée par Omar-el-Bashir pour contrôler certaines régions et soupçonnée de génocide au Darfour.

Soudan du sud

En 2011 le Soudan du Sud devient indépendant, en 2013 la guerre civile éclate. En 2016 l’ONU rapporte que l’armée, en guise de salaire, à été autorisée à confisquer le bétail et autres possessions «faites ce que vous pouvez, prenez ce que vous pouvez », ce qui a conduit à des viols et meurtres quasi-systématiques. Les attaques sont ciblées en fonction de l’appartenance ethnique et sont une stratégie délibérée visant à priver les civils de tous moyens de subsistance et de support. Le Sud-Soudan est en proie à une crise alimentaire presque entièrement causée par l’homme . Près de 25 % de la population du pays nécessite une aide alimentaire urgente. Selon l’UNICEF plus de 200 000 enfants risquent de mourir de malnutrition.

Turquie

Pays instable avec lequel l’UE a passé un accord, visant à stopper l’arrivée des personnes en exil. Cet accord coûte 6 milliards d’euros, il y figure une clause de troc, pour un·e syrien·ne renvoyé·e depuis la Grèce vers la Turquie, un·e syrien·ne plus vulnérable sera envoyé·e de la Turquie en Europe.

Leurs mots, nos idées

APATRIDE « Toute personne qu’aucun État ne considère comme ressortissant par application de sa législation ». Convention de New York du 28 septembre 1954. DEMANDEUR D’ASILE Personne qui fuit son pays et cherche refuge dans un pays qu’elle considère sûr. DUBLINÉ.E Demandeur.se d’asile dont les empreintes ont été prises dans un pays européen, mais qui a néanmoins essayé de demander l’asile dans un autre pays en vertu de son libre arbitre. L’application du règlement dit « Dublin 3 », permet au pays de renvoyer le-a demandeur-se d’asile dans le premier pays. Depuis celui-ci, il.elle risque souvent de se faire renvoyer dans son propre pays (où il.elle risque la persécution, la prison ou la mort). Dans ce « premier pays », il.elle peut aussi être soumis.e à des conditions d’accueil déplorables, voire dangereuses (Italie, Grèce) et/ou à un non-respect du droit d’asile (Hongrie, Bulgarie). EXILÉ-E Personne contrainte de vivre en dehors de sa communauté. EXPATRIÉ-E Personne résidant dans un autre pays que le sien, qui s’établit à l’étranger pour avoir des raisons professionnelles. = humain qui cherche un meilleur avenir. MIGRANT-E ECONOMIQUE Personne résidant dans un autre pays afin d’avoir un meilleur avenir, qui subit dans son pays d’origine une insécurité alimentaire, sanitaire ou autre. Ce n’est pas un statut dans le droit d’asile. Expression créée pour catégoriser les parcours d’exil, ne tenant pas compte des responsabilités géopolitiques internationales, et stigmatise les personnes en indésirables = humain en danger qui cherche un meilleur avenir. MIGRANT-E Personne en situation d’exil en provenance d’un pays considéré comme pauvre ou d’une ancienne colonie, décrite comme en déplacement permanent alors qu’elle souhaite poser ses valises, tenter de reconstruire sa vie. Personne qui vit de façon temporaire ou permanente dans un pays dans lequel il n’est pas né et qui a acquis d’importants liens sociaux avec ce pays. MINEUR-E- ISOLÉ-E- ÉTRANGER-E Personne de moins de 18 ans qui demande l’asile dans un pays tiers tout en étant séparé de ses représentants légaux sur le sol. RÉFUGIÉ-E statut juridique accordé à une personne qui, craignant d’être victime de persécutions spécifiées par la convention de Genève de 1951, a fait une demande l’asile dans un pays sûr. REFUGIÉ-E CLIMATIQUE Personne forcée à l’exil suite à des causes environnementales (catastrophes climatiques ou écologiques). Statut non reconnu par le droit d’asile international. Les ressortissants Haïtiens ont vu leur demande d’asile annulée par la préfecture en Guyane Française en 2016. TOURISTE Personne qui se distingue par son pays d’origine et qui migre de façon temporaire dans un autre pays dans le but de se détendre, de s’enrichir, de se cultiver… = humains à qui nous disons « soyez les bienvenus » À TOUTES CES CATÉGORIES, CONVAINCU.E.S DE LA POROSITÉ ENTRE HISTOIRE, POLITIQUE, DÉMOGRAPHIE ET ÉCONOMIE, NOUS DISONS : “SOYEZ LES BENVENU.E.S !” CONVENTION DE GENÈVE Principal cadre juridique datant du 28 juillet 1951 qui définit à la fois ce qu’est un réfugié, quels sont leurs droits et enfin quelles sont les obligations des États signataires à son égard. CRA Centre de rétention administrative : dispositif présent partout en Europe en parfaite contradiction avec les droits de l’homme = prison pour étranger.ère.s qui n’a commis aucune infraction DUBLIN III Règlement créé par l’Union européenne, visant la répartition les demandeurs d’asile sur son territoire. Les demandes d’asile sont reléguées aux pays frontaliers où les empreintes sont prises de force notamment dans les hotspots. Cela empêche les demandeur.se.s d’asile de choisir leur pays d’accueil en violation de la Charte des droits fondamentaux de l’Union europénne. EURODAC Fichier européen dans lequel figure les empreintes des personnes arrivant en Europe. Celles-ci sont souvent prises de façon extrêmement brutale (menaces, torture)…, notamment en Hongrie, en Bulgarie et en Italie. L’Union européenne exige des quotas aux pays frontaliers, autorisant pour cela l’usage de la force. FRONTEX Agence européenne mettant en commun les polices des États membres de l’espace Schengen pour un contrôle de leurs frontières extérieures. Frontex n’est pas responsable juridiquement. Il est donc impossible pour les ONG de déposer une plainte contre l’agence = chien de garde de l’europe. HOTSPOTS Zones de contrôle et de rétention des primo-arrivants en Europe, financées par la commission européenne et gérées notamment par l’agence Frontex. Placés aux portes d’entrée de l’Europe, ils détiennent des milliers d’individus sans différenciation d’âge ou de sexe = camps OQTF obligation de quitter le territoire : cette mesure permet de placer les personnes exilées en infraction, alors que les préfectures leur refusent l’accès à des attestations de demande d’asile dans les délais légaux. PRAHDA Programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile constitué d’hôtels isolés utilisés pour assigner à résidence les demandeurs d’asile en procédure Dublin dans l’attente de leur transfert vers un pays membre = antichambre utilisée pour des déportations de masse TRANSFERT Le règlement européen de répartition des demandeurs d’asile en Europe, permet leur transfert dans un pays membre, où les personnes ont pu être déboutées et pourront être renvoyés vers un pays en guerre = déportation FRANCE Le droit d’asile et l’accès à un accueil digne et dans le respect des personnes et de leurs droits n’y sont pas garantis. Le gouvernement renvoie des gens vers leur pays d’origine (directement ou via d’autres pays de l’UE), où ils.elles risquent de se faire emprisonner, torturer, persécuter, tuer. GRÈCE Pays frontalier de l’Europe, en crise depuis 2008, vers lequel les renvois Dublin avaient été interdits par l’UE en raison des conditions d’accueil déplorables. Ces renvois ont repris en 2017. LIBYE Comme pour la Turquie ou le Pakistan, la Libye est considérée comme un État sûr par l’UE. Un accord récent a été passé avec ce pays, afin d’y renvoyer les personnes exilées, et d’empêcher les personnes qui y transitent d’atteindre l’Europe. Récemment le gouvernement Français a annoncé la création de hotspots dans ce pays malgré les nombreuses dénonciations de traites humaines. TURQUIE Pays instable avec lequel l’UE a passé un accord, visant à stopper l’arrivée des personnes en exil. Cet accord coûte 6 milliards d’euros, il y figure une clause de troc, pour un.e Syrien.ne renvoyé.e depuis la Grèce vers la Turquie, un.e Syrien.ne plus vulnérable sera envoyé.e de la Turquie en Europe.